Les tristes leviers de la croissance

viande-avariee.jpg

C’est plus fort que moi, il faut que j’en parle :

En l’espace de 24h, nous avons eu droit à deux beaux articles :

Être caissière à temps partiel : rien de foncièrement nouveau, mais il est toujours utile de se rafraîchir la mémoire. 3 mn de pause par heure, des horaires tout le temps différents, et l’absence de contact : « Je reste assise six heures, parfois huit heures, mais je ne parle à personne. Les pauses, on ne me les donne pas au même moment que les autres caissières et avec les clients, je répète toute la journée la même chose : « Bonjour, ça fait tant, vous avez la carte fidélité ?, vous pouvez faire votre code, merci, au revoir. »

Vente de viande avariée à Carrefour et Monoprix : s’il semble que les magasins étaient innocents sur ce coup, on apprend sur Arrêts sur Image que « la remballe » de viande avariée est une pratique courante (Mode d’emploi en vidéo ici). Extrait de la vidéo : « vous allez gagnez 25F et ça vous a coûté 30 centimes d’épices » (concernant des merguez de viande avariée).

Après ce type d’événements – et j’aurais pu citer les procès pour abus de CDD ici et ici – pas étonnant que je galère sur Rue89 en essayant de défendre les bienfaits de la croissance dans les commentaires.

Les méthodes des hypermarchés dans leur course pour la rentabilité laissent vraiment dubitatif. Je ne vais pas réclamer la « décroissance », thème de plus en plus à la mode, mais parfois, je désespère même quant à une approche raisonnable… 

14 Responses to “Les tristes leviers de la croissance”


  1. 1 Charlie Echo 27 mars 2008 à 9:58

    La question n’est pas « la croissance a-t-elle des bienfaits ? », car la réponse est évidente.

    La question est : « la croissance peut-elle durer ? »
    Le corrolaire est : « si l’on entretient la croissance de façon forcenée, que se passera-t-il ? »

    Sur une Terre aux ressources finies (à commencer par l’eau et le pétrole), en effet, la réponse est évidente : il y a bien un moment où la croissance s’arrêtera.

    Par exemple, en poussant à la consommation pour que le PIB augmente dans les pays occidentaux, on a fait croître le prix des matières premières (car au-delà de la bulle actuelle, il y a un problème clair, à moyen terme). Et comment cela finira-t-il ? Par une hyper-inflation qui mettra à mal toutes les économies personnelles, tous les systèmes de retraite, et toutes les petites gens à la rue, sans nourriture ?

    Heureusement que les Monts sont fertiles et regorgent d’eau ; sans vouloir, bien évidemment, souhaiter du mal à ceux qui y vivent, je reste persuadé que le lopin de terre pour cultiver ses tomates aura une grande valeur dans 30 ans.

  2. 2 Jon 10 avril 2008 à 1:35

    pour les supermarchés: il y a des excès partout, il faut tenter de les contrôler sans pour autant généraliser

    pour la croissance: les gains de productivité ainsi que les innovations vont continuer à sauver le monde, comme c’est le cas depuis le début de l’humanité… D’ici à ce que les matières premières naturelles manquent, on peut sans trop forcer l’imagination penser que l’humanité sera en mesure de tout synthétiser à partir d’atomes en quantités infinies. En attendant, je suis curieux d’apprendre quelles sont les alternatives valables à la croissance…

  3. 3 Jon 11 avril 2008 à 10:31

    j’ai pensé au remarques de charlie tout à l’heure en lisant cette phrase dans le rapport sur Israel de The Economist:
    « Water scarcity has already led Israel to build the world’s biggest desalination plant, and around ten more are planned. »

    D’ici à ce qu’on manque d’eau, on peut bien supposer sans faire de plans sur la comète que la technologie pour dessaler aura fait des progrès gigantesques, vue son utilité !

  4. 5 betagreg 12 avril 2008 à 4:07

    « auX »?
    C est bien que tu corriges tes erreurs quand tu parles de « manque d’auX »?🙂

  5. 6 betagreg 12 avril 2008 à 4:19

    @Jon : « pour les supermarchés: il y a des excès partout, il faut tenter de les contrôler sans pour autant généraliser »
    Ca veut dire quoi alors?

    « D’ici à ce que les matières premières naturelles manquent, on peut sans trop forcer l’imagination penser que l’humanité sera en mesure de tout synthétiser à partir d’atomes en quantités infinies ». Est-ce qu’on peut en mettre dans le monde entier? Je crains, et j’espère avoir tort, que ces solutions n’existent que dans certains pays, et oublient les autres. La technologie a pour inconvénient qu’elle n’est pas forcément évidente à diffuser. Or les problèmes d’eau vont concerner énormément de personnes.

    Ce qui me gêne avec ce type d’optimisme, c’est que cela remet pas assez en cause le système : « il n’y a pas de problème puisqu’il va y avoir des solutions ».
    Il ne s’agit pas de crier à la révolution. Mais on peut sûrement considérer un peu plus le long terme.

  6. 7 Charlie Echo 23 avril 2008 à 10:43

    Je ré-ouvre le sujet, après un laps de temps certain.

    « on peut sans trop forcer l’imagination penser que l’humanité sera en mesure de tout synthétiser à partir d’atomes en quantités infinies »

    Non. N’imaginons pas, ça ne marchera pas.
    Il n’y a que dans « Rubrique à Brac » que l’on puisse prendre un shaker, y mettre de la terre, de l’air, de l’eau et du feu, et faire sortir un boulon bien métallique, bien propre.
    Il n’y a qu’Homunculus qui puisse convertir du plomb en or.

    Ca ne marchera pas. Quand il n’y aura plus de mine de fer, il faudra fondre le fer existant.
    Mais plus grave : quand les terres fertiles seront totalement couvertes, et que l’on n’aura plus assez d’engrais (pétro-chimique) pour accroître la productivité, on mourra de faim. C’est ainsi.

    Quant à la désalinisation de l’eau, cela consomme une énergie folle. C’est un moindre mal, mais il faudra bien des panneaux solaires (tant qu’on a du silicium…) ou des centrales nucléaires (avec de l’Uranium, puis du Thorium quand l’Uranium sera épuisé, puis…. nous verrons).

    Qu’adviendra-t-il de l’espèce humaine ensuite ? Ce sera comme les ours : on sera de moins en moins nombreux, de plus en plus maigres, puis on disparaîtra… (bon, je dramatise un peu, là ; mais je n’imagine pas que la Croissance Eternelle soit possible.)

    Les prémices ?
    – Les pannes d’électricité en Afrique du Sud : certains quartiers n’ont de l’électricité que pendant la moitié du temps.
    – Les gens qui se sèrent la ceinture, et qui créeront peut-être des émeutes partout dans le monde, bientôt…
    – Même en France : un organisme humanitaire a appelé au secours ce matin même : ses réserves se vident. Plus rien. Rationnement. Plus de lait, plus d’oeufs : trop cher.

    Je me rappelle, en 2005, j’avais dû travailler sur le nombre de voitures à l’horizon 2015. Et j’avais dit « et si le pétrole dépasse les 100 $ ? ». On m’avait répondu « aucune chance, on ouvrira d’autres puits pour accroître l’offre ».

    Je me rappelle, en novembre dernier : il y avait une quête alimentaire dans un supermarché, en bas de chez moi ; j’ai fait mes courses la mort dans l’âme, et j’ai participé à la quête alimentaire en disant aux collecteurs « 2008 va être une année difficile ». Ils m’avaient regardé, les yeux ronds, sans comprendre ce que j’avais en tête.

    PS : j’allais conclure mais je rajoute un mot ; en fait, il n’y aura pas de catastrophe du type « famine ». Ce sera différent. Les conditions d’hygiène vont se dégrader, fortement, et il y aura des épidémies en 2009 ou 2010 ; ou bien une bonne guerre (civile ? militaire ?) si cela ne suffit pas, en 2011 ou 2012 ; ou peut-être même juste après les JO, en Chine. Cela régulera la famine. Ca ne me réjouit évidemment pas, et mon ton détaché ne traduit pas un quelconque dédain, ni un haussement d’épaules quelconque. Mais dans 2 ans, « nous » hausserons les épaules en regardant TF1…

    PPS : j’espère me tromper…

  7. 8 Jon 23 avril 2008 à 1:46

    Cher malthus mâtiné de nostradamus,

    Je pense qu’il faut et des pessimistes et des optimistes pour faire un monde, et me réjouis qu’au long de l’histoire de l’humanité les optimistes ont prévalu et ainsi porté le progrès.

    Ou alors, la fin du monde, c’est vraiment pour cette fois-ci ?
    Je espère et crois que tu as effectivement tort (au moins dans les grandes lignes).

    Jon

  8. 9 betagreg 25 avril 2008 à 1:41

    Sincèrement Jon, je préfère me mettre du côté de Charlie. En fait j’ai trouvé ce qui me dérange : c’est l’optimisme à tout va qui mène à dire « on trouvera bien une solution ».

    Quand tu vois l’état de la planète, tu peux penser qu’il va VRAIMENT falloir trouver, et vite! Parce que les signes se multiplient au niveau écologique, ce qui peut avoir des conséquences à tous les niveaux, y compris économiques et politiques bien sûr.

    Je ne pense pas être pessimiste mais réaliste. J’essaie d’être réaliste au quotidien : la situation est vraiment mitigée. Et j’essaie d’être optimiste sur le futur : si on fait quelque chose, on peut rattrapper le coup. Et ce « quelque chose », il me semble que c’est plus une prise de conscience que d’attendre que quelqu’un trouve la solution.

  9. 10 Charlie Echo 28 avril 2008 à 6:04

    Juste un mot… Non, deux.
    Le premier : si l’optimisme consiste à dire « on trouvera bien un moyen de convertir l’eau en vin », alors je ne me résoudrai jamais à être dans le camp optimiste… C’est trop peu crédible.

    Le deuxième : il me semble bien qu’un expert de l’ONU a dit, ces derniers jours, que les problèmes alimentaires risquaient de mettre à mal la stabilité de nombreux pays… (je n’étais pas bien informé : j’étais dans un pays en voie de développement, en touriste… C’est du CNN)

    Bref, je ne suis pas seul à penser ainsi.

    Un troisième mot, juste pour la route : aux moments où l’avenir est clair, je suis assez optimiste.

  10. 11 Jon 29 avril 2008 à 10:02

    greg toi qui me connais tu sais que je ne suis ni réaliste ni conscient des réalités de ce monde…

    mes posts jusqu’à présents étaient suscités par votre pessimisme selon moi excessif

    heureusement que vous êtes là sinon d’aucuns ne prendraient pas conscience de certaines sombres réalités

    j’ose cependant avancer pour conclure (car ce débat est de moins en moins fertile) la phrase d’un certain Karlheinz Brandenburg, l’inventeur du mp3 s’adressant aux majors de la musique : « Look at the opportunities, not at the dangers. »
    Un peu simpliste, mais si nous en sommes là en tant qu’espèce, c’est grâce à ce genre d’état d’esprit – s’il n’y avait que des pessimistes, il y aurait certes moins de CO2 dans l’atmosphère…

    greg un dernier mot: « il va VRAIMENT falloir trouver, et vite » Peut-être que c’est toi qui n’es pas conscient sur le coup du nombre immense de différentes pistes qui sont explorées actuellement pour trouver des alternatives! On VA trouver, voire on a DEJA trouvé mais la généralisation de l’utilisation des technologies n’est qu’en cours.

    Et, les mecs: ne déprimez pas vos enfants avec des discours comme ca, je préfère qu’ils deviennent biotechnologistes ou astronautes😉

  11. 12 Charlie Echo 29 avril 2008 à 3:00

    Bien vu, pour la phrase de Brandenburg.
    Depuis qu’il l’a prononcée, les major n’ont pas réussi à voir les opportunités, et elles ont viré un tiers de leurs effectifs. Et ce n’est pas à défaut d’avoir mandaté maints cabinets de conseil pour les diriger dans les bonnes directions…
    Mais si le pain était gratuit, qui irait dans les boulangeries pour l’acheter ?

    Les solutions : pour le réchauffement climatique, on a des idées, mais l’inertie du changement est énorme. Et on n’est pas sûr que les idées soient « intelligentes » ; pour les bio-carburants de la première génération, par exemple, le rendement « total » est assez faible, et il a fallu des années pour le comprendre. On compte sur la 2e génération (éléments non-consommables : racines, papiers, …), mais nul ne sait ce que ça donnera vraiment, et si on a un volume suffisant de matière première.
    Il faut quand-même l’écrire ainsi : on essaye de raccourcir dans un incinérateur en une heure ce que la Terre a mis des millions d’années à faire… Donc ce n’est pas simple.

    D’ici que l’on trouve, le baril sera à 300 $, les gens auront complètement changé leurs habitudes de vie, les hypermarchés seront déserts et les (nouveaux) hard-discount de centre-ville seront pleins.

    Les solutions pour les matières premières : on n’en a pas. Sauf à construire avec des nouveaux matériaux ; ce n’est certes pas exclu, mais quand ? Et les matériaux seront fabriqués avec quelle énergie ?

    Pour conclure : oui, dans 15 ans, l’avenir sera radieux, tout sera possible ; mais d’ici-là, j’ai quelques doutes. Un peu comme en 1929, en fait…

  12. 13 Jon 11 juillet 2008 à 9:38

    un « petit » article sur letat de la recherche concernant les biofuels

    http://www.economist.com/specialreports/displaystory.cfm?story_id=11565647


  1. 1 “L’open-space m’a tuer” … m’a tuer (partie 1) « Open-space Rétrolien sur 10 avril 2009 à 6:07

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