Archive for the 'Media' Category

Se vendre sur eBay : le buzz qui fait pschitt ?

Etudiant à vendre sur eBay

Jean-Pierre Le Floch et Yannick Miel ont désormais beaucoup en commun : une difficulté à trouver un travail, un anonymat total il y a encore 4 semaines, et un beau buzz sur Internet depuis.

Qui n’a pas en effet entendu parler du jeune diplômé en vente sur eBay et du sénior proposant une prime de 50 000 euros (échelonnée sur 10 ans) à son futur employeur.

La proactivité de l’opération fait sourire : la démarche est originale. Connaissez-vous Aminata Diarra ? Non, c’est normal. Elle est la deuxième étudiante en vente sur eBay. Deuxième, c’est déjà dépassé. Son écho dans les médias se limitent à ceux de sa région toulousaine, trop contents de trouver un équivalent local. On lui souhaitera bonne chance malgré tout. Mais Jean-Pierre Le Floch et Yannick Miel ont su se démarquer.

Le résultat de l’opération fait grincer, même si ce n’est pas très étonnant. Un CDD de 3 mois pour l’étudiant Yannick Miel, grâcieusement offert par Martin Hirsch. Très belle opération de communication de ce dernier. Négation intéressante du marché de l’emploi aussi : on lui offre un emploi parce qu’il est visible. Pas parce qu’il a des supers compétences. D’autres auraient été mieux qualifiés ? Tant pis ! Et puis ce n’est que pour 3 mois donc on s’en fout. L’histoire ne dit pas où en est Jean Pierre Le Floch. Je lui souhaite également tout le bonheur du monde. Je trouve son système ingénieux : sa prime correspond en fait à un salaire réduit (il demande 5000€ / mois et redonne 500€ / mois). Mais le montage crée le buzz et donc la visibilité. Franchement, est-ce qu’une boîte va recruter un Directeur Financier pour ça ? La démarche souligne la motivation. La prime réduit le coût. Mais spontanément, je dirais qu’une boîte en demande plus à ce niveau là. J’espère qu’un bon Samaritain se présentera, ou que, tout simplement, une opportunité remontera vers lui.

J’ai connu les « joies » d’une recherche de travail en ces temps de crise, et notamment ce moment où l’on a l’impression que toutes les postes se referment inexorablement. Il est vrai que l »idée de se démarquer vient assez rapidement. Mais ce qui m’arrêtait était le temps que cela pouvait prendre comparé aux effets de l’opération.

Certes Jean-Pierre Le Floch  lutte depuis longtemps : il précise avoir envoyé 200 CV et avoir activé son réseau. En outre, à 51 ans et étant donné son poste, les opportunités ne doivent pas être légion.

Mais dans le cas d’un jeune diplômé, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il existe des méthodes plus efficaces qu’un buzz que beaucoup (y compris moi) ignorent inconsciemment ou même consciemment, de peur de les essayer. Je pense au fait de relancer après avoir postuler, d’utiliser ses réseaux et d’élargir ses recherches à des entreprises qu’on ne connaît pas mais qui ont des activités intéressantes.

Je ne veux pas faire le donneur de leçons. Mais c’est juste ce qui me vient à l’esprit quand je vois ces deux personnes lutter et chercher à « buzzer« , alors que le buzz est, par définition, quelque chose d’éphémère et fondé sur bien peu de choses.

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« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient »…

"special rajeunir"

… mais finissent par rattraper tout le monde.

Nombreux sont les gens (je pense) qui diront aujourd’hui « ha ha je ne me ferai plus avoir pour les placements financiers. J’ai retenu la leçon« .

Il n’empêche qu’un grand magazine de mode, « Elle » pour ne pas le citer peut se permettre de titrer ça : « Spécial Rajeunir, gagnez dix ans sans perdre de votre naturel ».

Personnellement, ça me fait penser à « investissez dans des produits financiers sans risques ET à taux élevés (=subprimes)« . C’est bien la preuve que personne ne retient rien. Et tant que l’on pourra promettre des choses aussi bêtes que celle de rajeunir « naturellement« , et bien nous cultiverons cet état d’esprit qui permet de retourner l’économie mondiale en promettant n’importe quoi.

A la base, il s’agit de belles promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. Mais finalement à la fin, tout le monde est rattrapé. N’est-ce pas super menteur (explication ici et ici) ?

 Y’a du boulot …

Parler différemment de la crise

une-les-echos

Je suis un privilégié. Je le sais et je préfère commencer par cela pour ne pas qu’on est l’impression que je me victimise.

Il n’empêche que la crise m’a rattrappé, rendant ma recherche de premier emploi laborieuse. Heureusement, elle s’est finie par un happy end. Mais du coup, je peux parler un peu de la crise. Plutôt que de refaire les lois de la finance, j’aimerais aborder la manière dont la crise est évoquée.

Ce sujet m’est venu à l’esprit suite à un constat : alors qu’en bon élève, je lisais les Echos quotidiennement pour mes entretiens, j’ai réalisé que j’ai spontanément arrêté en décembre. Plus envie de l’acheter. Plus du tout. Et pour cause : j’en avais vraiment assez de voir Les Echos titrer tous les jours sur la crise : le secteur automobile en pleine débâche, les marchés financiers à la baisse, la hausse du chômage etc.

Ce qui est amusant, c’est que j’en ai parlé à une spécialiste du monde la presse. Non seulement elle s’est apperçue qu’elle aussi avait calmé sa consommation, mais elle savait aussi que les ventes au numéro ont lourdement chuté en novembre. La baisse est telle que le « simple » effet de crise ne suffit pas à tout expliquer. L’hypothèse qui revenait était que les gens s’étaient lassés du traitement de la crise. Ils ne voulaient plus rien lire à ce sujet.

Mais, pour en revenir à mon petit cas très personnel, j’ai une lecture qui a perduré, sans faiblir : celle de The Economist. Désolé de radoter, mais c’est vrai. Et la raison me vient spontanément : si ce magazine titre également à chaque numéro (ou presque) sur la crise, son traitement est tout à fait différent. Ainsi, les articles ont très souvent en commun le fait de décrire le sujet, de donner les causes et surtout de terminer avec des axes concrets d’amélioration. Pas de « capitalisme est mort, vive le capitalisme ». Pas de « la finance est morte, et nous avec ». Mais « l’économie est à terre, voici ce qu’il faut faire pour repartir vers le haut« . Cela semble évident, mais très peu de médias le reproduisent. J’imagine que c’est encore plus compliqué à réaliser sur une base quotidienne. Il n’empêche que la différence est évidente.

Ceux qui lisent la presse quotidienne sont coincés entre des journaux qui relatent de manière implacable les licenciements successifs, et le gouvernement qui joue au chat et à la souris, repoussant autant que possible l’utilisation de mots comme « crise » ou « récession », afin d’éviter la panique et donc un cercle vicieux.

Il faudrait un comportement à la fois réaliste et optimiste. Acceptant la réalité mais avec des idées sur comment l’améliorer. Mais ça, c’est pas gagné…

Facebook : retour d’expérience

Facebook

J’ai déjà parlé de Facebook au début de son ascension et une autre fois pour rire. Pour ceux qui ne connaissent pas encore tous mes billets par coeur, je faisais part de mon scepticisme à l’encontre de ce site, critiquant à la fois son utilité et la notion d’ami.

Forcé de constater que je suis régulièrement sur Facebook, j’ai eu envie d’analyser cela via mon blog.

Alors pourquoi Facebook ? Pas pour me faire plein d’amis. Pas pour interagir à tout va. Mais il faut bien avouer que ce site est particulièrement bien fait. En un clic je partage une page web avec tous mes amis. En une phrase je partage mon état d’âme du moment. En un coup d’oeil, je fête les anniversaires. En deux coups de cuillère à pot j’envoie un petit mail à certaines personnes, sans avoir à chercher leurs adresses mail. En un clic, je deviens fan d’un produit ou d’une personne, permettant de me décrire indirectement. Redoutable d’efficacité. Et j’avoue aussi apprécier particulièrement l’humour qui peut traîner sur ce site. Et si je ne vous parlais pas de mon côté voyeur comblé (en langue de bois, on dit « j’aime bien savoir ce que deviennent les gens que je connais »), je mentirais. Le tout me prend 10mn par jour.

Si on ajoute à cela les jeux (pas mal faits du tout) ou les photos que beaucoup mettent en ligne, cela fait forcément un lieu de rendez-vous intéressant.

On notera au passage que cela explique le fait que je refuse des « amis » Facebook, ne voulant pas forcément étaler ma vie et mes états d’âme devant n’importe qui (je ne suis pas un garçon facile). 

La victime de ma consommation Facebook est inattendue : il s’agit MSN (enfin, Windows Live Messenger pour les puristes). J’aimerais beaucoup voir les courbes de fréquentation de Facebook et MSN sur le même graphique.

Je mange donc mon chapeau. Facebook a trouvé une vraie place sur le web, en donnant aux personnes lambda un accès à des fonctionnalités qui étaient autrefois compliquées : uploader des photos, créer un événement etc. Par contre je me réjouis de voir que l’effet de mode est un peu passé. Le site est clairement populaire (il s’agit de la seconde plateforme sociale la plus visitée aux US après le réseau de blogs Blogger) mais les gens se sont un peu calmés à ce sujet. Et Facebook n’est plus l’eldorado économique tel qu’annoncé, mais une start-up qui vise encore la rentabilité (je la lui souhaite).

Il s’agit donc d’un site fort bien fait, mais je ne le trouve pas indispensable, au point de le conseiller à tout le monde. Je continuerai de prêcher Google !

PS : en bonus, je vous offre quelques chiffres concernant Facebook et ses 170 millions d’utilisateurs.

Les chaussures de foot roses : ou comment mesurer directement les effets du marketing ?

Chaussures Franck Ribery

Normalement, la mode, je m’en fous. Mais dans ce billet, je m’en foot. Je m’explique :

J’ai envie de me pencher sur une coïncidence incroyable : la sortie de chaussures de foot roses chez Nike et Puma. Au même moment. Si si.

Ayant longtemps arpenté les terrains de foot, j’ai eu un réflexe quand j’ai entendu parlé de ces chaussures : je me suis imaginé il y a 7 ans avec les mêmes aux pieds. Les moqueries des joueurs, partenaires ou adversaires, auraient alors été inévitables. Et pour cause, le foot est un sport de machos (vous connaissez des joueurs de foot ouvertement homosexuels ? Ca mériterait une belle enquête). Enfin, machos seulement  jusqu’aux buts. Car les célébrations de ces derniers dépassent les poignées de main viriles, ainsi que l’entendement, mais bref, passons.

Impossible de traîner sur un terrain de foot avec des chaussures roses disais-je donc, alors qu’aujourd’hui vous serez hautement tendance. La différence ? Le marketing est passé par là.

En plus du timing, les produits de Nike et Puma ont en commun d’être soutenus par des icônes du foot : Franck « Speedy » Ribéry et Nicolas « Colombe » Anelka. Il s’agit là d’icônes dans le sens où ils incarnent à la fois le côté « match show » et le côté « macho » (j’ai pas pu m’en empêcher). L’autre similarité est évidemment le renfort de publicités qui ont vite buzzé sur le web (voir ci-dessous).

Image. Notoriété. Publicité. Du marketing pur et dur. Pendant qu’Adidas s’essouffle à dire que ses nouvelles « Prédator » vont améliorer vos performances sur le terrain (ridicule), Nike et Puma misent tout sur l’image avec une couleur tout à fait nouvelle (à en croire la pub, Nike a inventé la première paire de chaussures de foot avec laquelle vous pouvez aller en boîte).

Ainsi, alors que les services marketing ont parfois du mal à évaluer les effets des campagnes sur les ventes, ici c’est tout vu. Celle couleur aurait été trop dure à porter sur les terrains, et, évidemment, cela n’apportait rien sur le plan footballistique (« tequenique » et « taquetique ») = 100% d’influence du marketing sur cette vente.

En continuant à réfléchir en écrivant, je me dis dans un premier temps que c’est le cas typique du marketing qui créé un besoin : le besoin de chaussures roses. Mais dans un second temps, c’est en fait le marketing qui répond à un besoin déjà existant : celui de ressembler à ses idoles, en l’occurence Anelka et Ribery. Chaussures roses = super joueur de foot. Et tant pis si la couleur aurait fait hurler n’importe qui il y a 2 ans.

En conclusion, alors que ces produits m’avaient poussé à écrire un billet pour évoquer du marketing poussé à son paroxysme, on retrouve finalement – peut-être un peu plus qu’avant – les mêmes mécanismes que dans toutes les modes. Car finalement, les jeans slims et les horribles bottes qui avaient cartonné il y a 3 ans (et dont j’ai oublié le nom) ont avant tout été lancés par des célébrités. Les mettre quelques années avant ou après la mode ferait hurler de rire n’importe.

Je vous quitte donc avec cette citation dont j’ai oublié l’auteur (je crois que c’est Desproges. Qui confirme ?) : la mode, c’est tellement moche, qu’elle change tous les ans.

La pub Nike avec Ribery (pour les amateurs de la Panthère Rose)

La pub Puma avec Anelka (pour les amateurs de FHM et des Skyblogs…)

Vous connaissez pas Pete Doherty?!?!

Sérieux? C’est une blague?!? J’y crois pas!

En tout cas, vous ne pouvez pas vivre au Royaume Uni sans tout savoir sur l’idole des poubelles nationales (euh… journaux pardon).

En même temps vous ne ratez rien. A vrai dire je ne comprends pas trop pourquoi ils insistent sur lui. Sûrement parce qu’il cumule tout ce qu’adore les journalistes ici: le sexe, la drogue et les délits.

Pete Doherty est le chanteur du groupe « Baby Shambles » (j’ai du mal a le traduire, je dirais « les bébés bordéliques »). Il s’est fait connaître il y a 2-3 ans avec les Libertines, un groupe que je connais peu.

Mais son grand fait d’arme, c’est d’être l’ex de Kate Moss. Cette jolie performance a nourri les journaux bien évidemment. C’est parti pour les photos!

En plus, notre cher Pete est un petit merdeux: il aime bien qu’on parle de lui donc il ne rate pas une occasion pour se faire remarquer.

Autre qualité (je vous dis qu’il est médiatiquement parfait!), il est accroc à la drogue. Pauvre Pete. Pendant une semaine (véridique) je l’ai vu tous les jours dans les journaux qui relataient ses arrestations quotidienes en possession de drogue. Il a eu droit à un procès en fin compte. Le juge a décidé de lui laisser une chance… Pete a sauté sur l’occasion et a affirmé à la sortie des tribunaux: « promis, demain, j’arrête« .

Mais ce que j’ai préféré dans tous cette petite histoire est le scandale Kate Moss. Imaginez-vous, cette top-modèle, (donc cet être parfait: la perfection de son crops ne peut bien sûr qu’entrainer celle de son esprit ) a été photographié en train de se droguer! Quand c’est Pete, c’est marrant, mais quand c’est Kate , on rit jaune parce que quand même! Surtout que Kate, elle, se nourrit de contrats publicitaires. Evidemment ca n’a pas raté, elle s’est faite larguée par son sponsor.

Tout le monde était donc choqué! Mais juste un petit truc qui me passe par l’esprit: FAUT-IL ETRE SURPRIS DE VOIR QUE LA COPINE D’UN CAME JUSQU’A LA MOELLE SE DROGUE?!?!? Je ne suis pas Sherlock Holmes, mais quand même!

Voila, donc en fin de compte, Pete et Kate sont tous les jours dans les journaux qui nous décrivent leurs petits exploits. Je m’arrête aux photos (les plus moches étant soigneusement sélectionnées…). Ils n’ont vraiment que ça à faire dans ce pays. Hum, moi aussi en fin de compte…

London Hilton (moins beau que Paris)

Hilton Blog inaccessible, désolé pour le retard. je vous avais rédigé une jolie note, et Internet me l’a mangée. Je vais essayer de vous la reproduire:

Grand amateur de journaux (on va finir par le savoir), je ne manque jamais l’occasion de vérifier par dessus l’épaule de mon voisin dans le métro la médiocrité des journaux anglais.

Je vous ai déjà parlé de Metro et de son « super » contenu. J’ai eu l’occasion récemment de tenir the Evening Standard dans les mains. Les métros sont en effet organisés de telle manière qu’il y a un espace entre le wagon et le siège, sur lequel les gens laissent leurs journaux. Ainsi tout le monde se sert, lit et fait tourner.

J’ai ainsi hérité de ce journal qui, comme son nom l’indique, est publié le soir et est vendu pour 90 centimes d’euros. A ce prix là, vous obtenez – la veille – l’information qui parait dans le Metro du lendemain (véridique! le nombre de titres repris est stupéfiant!).

Je vous passe les articles du type « Parents qui laissent leur fils brûler dans sa chambre » et « enfant mort dans la nuit d’une crise d’asthme après avoir fait du sport la journée ». J’en viens à un article qui a eu droit à la page 3 (emplacement traditionnellement glorieux dans un journal): des stuntmen (cascadeurs) ont sauté en parachute du Hilton. Ouaouh! L’article est un témoignage d’un passant qui passait par là (c’est souvent ce que font les passants : ils passent) et qui a pris en photo (floue) un des sauteurs en parachute. Le petit chanceux a dû au passage la vendre à un prix sympathique! Quoiqu’il en soit, on a droit à: « j’ai vu ça, je n’ai écouté que mon courage, j’ai pris mon appareil photo ».

A cette citation de Patrick Timsit succède une description des téméraires, et la ça devient marrant: le premier s’appelle Connery! Des choses comme ça ne s’inventent pas, d’autant que son prénom est Gary (avec un « o » à la place du « y », c’était parfait…).

L’article finit en mentionnant un autre téméraire dont la tentative lui fut fatale il y a quelques années. Ainsi, le pauvre Newton a, bien malgré-lui, redécouvert la gravité…

Un fait d’hiver inintéressant bien que tragique, une troisième page dans un journal, puis une note dans un blog. Il termine sur-médiatisé. Voilà le triste pouvoir des journaux.

Dieu merci, il reste « The Economist »


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