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Prélude

Je prépare un looooong article. J’essaie de mettre les formes et surtout, de le rendre compréhensible. Tout ça en 25mn chaque soir. Bref. En attendant, je vous propose une statistique du Journal Du Net au sujet de mon précédent billet sur les données des utlisateurs. Non Nathalie, tu n’es pas seule : 90 % des internautes sont inquiets pour leurs données personnelles.

Personnellement (je donne mon avis, c’est mon blog quand même ;)), je ne me sens pas plus en danger qu’avant. Suis-je trop naïf ?

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Donner c’est donner. Transmettre c’est voler ?

facebook-superpoke-vie-privee

 » Au secours ils s’attaquent à notre vie privée« . Les craintes envers Google (disclaimer : que j’adore) et Facebook (disclaimer : que j’adore pas forcément) sont nombreuses et touchent notamment ce que ces deux sites font de nos données personnelles. Vous en avez un exemple avec Nathalie dans une conversation ici.

Alors voici quelques commentaires concernant les données personnelles :

Il n’y a rien de nouveau : certaines sociétés se spécialisent dans la location de fichiers de données clients. France Telecom loue par exemple sa base. Vous obtenez des fichiers avec votre numéro de téléphone, votre adresse et bien sûr vos noms et prénoms. Pareil pour la Poste.

Cela existe déjà sur Internet : la plupart des sites qui ont un peu de trafic le font. Ils ne louent pas toutes les coordonnées, seulement celles des personnes dites « opt-in », c’est-à-dire qui ont coché à un moment une case du type « recevez toutes nos promotions ainsi que celles de nos partenaires ». Si vous la cochez une fois, vous voilà fichés. Pour information, des informations sur 1000 personnes ciblées coûtent environ 200€ à louer. Certains sites comme Kingolotto (jeux concours en ligne) n’ont d’autres buts que celui de recueillir des données opt-in.

Il existe des spécialistes : certains vont encore plus loin et agrègent les données. Ils agrègent des données à partir de plusieurs bases à la fois (ex : France Télécom, 3 Suisses, fnac.fr mais également des questionnaires envoyés à des foyers etc.). A l’arrivée, ces spécialistes de la donnée obtiennent d’énormes bases avec plusieurs millions de foyers. Ils peuvent avoir pour la même personne ses contacts, son profil, ses loisirs, ses intentions d’achat etc.

Une fois de plus, il s’agit de donnés que des personnes ont accepté de transmettre en cochant un jour une case, mais on ne réalise pas après à quel point elles peuvent être diffusées

Et Google et Facebook ?

Je ne crois pas que Google commercialise ses données d’utilisateurs. Il propose des publicités ciblées, en fonction du contenu de vos emails sur Gmail par exemple, mais ceci se fait directement et automatiquement : un algorithme définit les mots-clés du mail et leur associe une publicité. Google n’est pas au courant du contenu de vos mails. Personnellement, tant qu’il s’agit uniquement d’un algorithme, je m’en fous.

– le rêve de Facebook est effectivement de faire de la publicité en fonction de vos données personnelles. Elle a lancé un système pour cela. Le public a hurlé, et ils se sont rétractés. Ils y reviendront d’une manière ou d’une autre, mais pas sans le consentement du public. La preuve, le site est en guerre avec les utilisateurs concernant les termes légaux.

Il reste ainsi les arguments suivants :

– « oui mais personne ne sait s’ils ne vont pas revendre sous la table nos données ». Certes, mais pas plus que d’autres sites. Et même moins je dirais. Les données personnelles bénéficient d’une législation de plus en plus développée, et Google et Facebook sont forcément les sites les plus suivis, ne serait-ce par le public méfiant. Un site coté en bourse comme Google ne peut pas se permettre de prendre un tel risque.

– « oui mais on ne sait jamais, si un jour quelqu’un avec de mauvais attention comme des fascistes bénéficient de telles données ». Alors là, je mentionne la loi de Godwin, selon laquelle plus on parle d’Internet, plus la probabilité que le fascisme soit mentionné est proche de 1 (soit 100%). On est un peu dans la parano non ? La probabilité de se faire écraser par une voiture est sûrement plus élevée que celle d’un retour fasciste dans nos pays. Mais ceux qui insistent peuvent effectivement déjà se réfugier dans le maquis. Il n’y a pas Internet là-bas.

Est-ce que tout est bon alors ? Non. Google et Facebook ne sont pas des anges. Google a préféré cautionner la censure chinoise, arguant qu’il fallait être sur place pour favoriser un changement. Je suis le premier à être dubitatif. Sûrement que Google et Facebook, en tant que sites très fréquentés, ont une grande responsabilité. Mais je ne dirais pas que le risque pour chaque individu est radicalement plus fort qu’auparavant.

N’y a-t-il rien à faire alors ? Si, et même des choses bien plus constructives que montrer du doigt n’importe quel acteur. Il y a beaucoup d’éducation à faire : expliquer aux gens ce qui peut se passer lorsque l’on met des informations en ligne. Lesquelles peuvent être mises en ligne, et comment (sur Facebook, vous pouvez par exemple choisir avec qui vous partagez chaque information). Leur expliquer aussi leurs droits, leurs devoirs. Et lutter contre des préjugés qui sont faux (au moins partiellement), en décrivant ce qui se passe vraiment.

Et si après ceci j’entends un « oui mais on ne sait jamais », alors j’arrête d’en parler, car ce n’est pas un argument. Mais je reste bien sûr prêt à répondre à toute objection argumentée :).

L’avenir de ce blog

J’ai fait ce blog pour 3 raisons :

– étudiant à l’étranger, je voulais en parler pour tenir mes proches au courant, et me forcer à me poser des questions sur ces expériences

– limité en orthographe et en grammaire, je me suis dit que cet exercice pourrait m’aider

– grand bavard, je prends un vrai plaisir à m’emballer sur certains sujets

 

Aujourd’hui je suis de retour à Paris. Un peu moins exotique à raconter. Et je travaille. Encore moins exotique. Parfois confidentiel même. Sans parler du manque de temps.

Niveau français, c’est nettement mieux. Il me reste encore quelques efforts bien sûr 🙂

Et je suis toujours un grand bavard.

La question de l’avenir de ce blog est légitime. Mais je ne veux pas qu’il meure. Je pense qu’un billet par semaine est compatible avec mon emploi du temps et mon envie. Et je parlerai de ce qui me passionne (Internet, Media, Sport, Marketing) ou de ce qui me plaît à Paris.

Donc à la semaine prochaine !

Se vendre sur eBay : le buzz qui fait pschitt ?

Etudiant à vendre sur eBay

Jean-Pierre Le Floch et Yannick Miel ont désormais beaucoup en commun : une difficulté à trouver un travail, un anonymat total il y a encore 4 semaines, et un beau buzz sur Internet depuis.

Qui n’a pas en effet entendu parler du jeune diplômé en vente sur eBay et du sénior proposant une prime de 50 000 euros (échelonnée sur 10 ans) à son futur employeur.

La proactivité de l’opération fait sourire : la démarche est originale. Connaissez-vous Aminata Diarra ? Non, c’est normal. Elle est la deuxième étudiante en vente sur eBay. Deuxième, c’est déjà dépassé. Son écho dans les médias se limitent à ceux de sa région toulousaine, trop contents de trouver un équivalent local. On lui souhaitera bonne chance malgré tout. Mais Jean-Pierre Le Floch et Yannick Miel ont su se démarquer.

Le résultat de l’opération fait grincer, même si ce n’est pas très étonnant. Un CDD de 3 mois pour l’étudiant Yannick Miel, grâcieusement offert par Martin Hirsch. Très belle opération de communication de ce dernier. Négation intéressante du marché de l’emploi aussi : on lui offre un emploi parce qu’il est visible. Pas parce qu’il a des supers compétences. D’autres auraient été mieux qualifiés ? Tant pis ! Et puis ce n’est que pour 3 mois donc on s’en fout. L’histoire ne dit pas où en est Jean Pierre Le Floch. Je lui souhaite également tout le bonheur du monde. Je trouve son système ingénieux : sa prime correspond en fait à un salaire réduit (il demande 5000€ / mois et redonne 500€ / mois). Mais le montage crée le buzz et donc la visibilité. Franchement, est-ce qu’une boîte va recruter un Directeur Financier pour ça ? La démarche souligne la motivation. La prime réduit le coût. Mais spontanément, je dirais qu’une boîte en demande plus à ce niveau là. J’espère qu’un bon Samaritain se présentera, ou que, tout simplement, une opportunité remontera vers lui.

J’ai connu les « joies » d’une recherche de travail en ces temps de crise, et notamment ce moment où l’on a l’impression que toutes les postes se referment inexorablement. Il est vrai que l »idée de se démarquer vient assez rapidement. Mais ce qui m’arrêtait était le temps que cela pouvait prendre comparé aux effets de l’opération.

Certes Jean-Pierre Le Floch  lutte depuis longtemps : il précise avoir envoyé 200 CV et avoir activé son réseau. En outre, à 51 ans et étant donné son poste, les opportunités ne doivent pas être légion.

Mais dans le cas d’un jeune diplômé, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il existe des méthodes plus efficaces qu’un buzz que beaucoup (y compris moi) ignorent inconsciemment ou même consciemment, de peur de les essayer. Je pense au fait de relancer après avoir postuler, d’utiliser ses réseaux et d’élargir ses recherches à des entreprises qu’on ne connaît pas mais qui ont des activités intéressantes.

Je ne veux pas faire le donneur de leçons. Mais c’est juste ce qui me vient à l’esprit quand je vois ces deux personnes lutter et chercher à « buzzer« , alors que le buzz est, par définition, quelque chose d’éphémère et fondé sur bien peu de choses.

« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient »…

"special rajeunir"

… mais finissent par rattraper tout le monde.

Nombreux sont les gens (je pense) qui diront aujourd’hui « ha ha je ne me ferai plus avoir pour les placements financiers. J’ai retenu la leçon« .

Il n’empêche qu’un grand magazine de mode, « Elle » pour ne pas le citer peut se permettre de titrer ça : « Spécial Rajeunir, gagnez dix ans sans perdre de votre naturel ».

Personnellement, ça me fait penser à « investissez dans des produits financiers sans risques ET à taux élevés (=subprimes)« . C’est bien la preuve que personne ne retient rien. Et tant que l’on pourra promettre des choses aussi bêtes que celle de rajeunir « naturellement« , et bien nous cultiverons cet état d’esprit qui permet de retourner l’économie mondiale en promettant n’importe quoi.

A la base, il s’agit de belles promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. Mais finalement à la fin, tout le monde est rattrapé. N’est-ce pas super menteur (explication ici et ici) ?

 Y’a du boulot …

Les soldes : effet d’annonce et réglementation

 soldes

Lu sur une vitrine en cette période de soldes :

« Tout à 10 euros »  et en plus petit « et plus ». Quand les obligations réglementaires limitent les effets d’annonce …

Les soldes sont-ils une raison pour dire n’importe quoi ou défier les lois des mathématiques ?

Cf. cet ancien billet sur le BHV.

Parler différemment de la crise

une-les-echos

Je suis un privilégié. Je le sais et je préfère commencer par cela pour ne pas qu’on est l’impression que je me victimise.

Il n’empêche que la crise m’a rattrappé, rendant ma recherche de premier emploi laborieuse. Heureusement, elle s’est finie par un happy end. Mais du coup, je peux parler un peu de la crise. Plutôt que de refaire les lois de la finance, j’aimerais aborder la manière dont la crise est évoquée.

Ce sujet m’est venu à l’esprit suite à un constat : alors qu’en bon élève, je lisais les Echos quotidiennement pour mes entretiens, j’ai réalisé que j’ai spontanément arrêté en décembre. Plus envie de l’acheter. Plus du tout. Et pour cause : j’en avais vraiment assez de voir Les Echos titrer tous les jours sur la crise : le secteur automobile en pleine débâche, les marchés financiers à la baisse, la hausse du chômage etc.

Ce qui est amusant, c’est que j’en ai parlé à une spécialiste du monde la presse. Non seulement elle s’est apperçue qu’elle aussi avait calmé sa consommation, mais elle savait aussi que les ventes au numéro ont lourdement chuté en novembre. La baisse est telle que le « simple » effet de crise ne suffit pas à tout expliquer. L’hypothèse qui revenait était que les gens s’étaient lassés du traitement de la crise. Ils ne voulaient plus rien lire à ce sujet.

Mais, pour en revenir à mon petit cas très personnel, j’ai une lecture qui a perduré, sans faiblir : celle de The Economist. Désolé de radoter, mais c’est vrai. Et la raison me vient spontanément : si ce magazine titre également à chaque numéro (ou presque) sur la crise, son traitement est tout à fait différent. Ainsi, les articles ont très souvent en commun le fait de décrire le sujet, de donner les causes et surtout de terminer avec des axes concrets d’amélioration. Pas de « capitalisme est mort, vive le capitalisme ». Pas de « la finance est morte, et nous avec ». Mais « l’économie est à terre, voici ce qu’il faut faire pour repartir vers le haut« . Cela semble évident, mais très peu de médias le reproduisent. J’imagine que c’est encore plus compliqué à réaliser sur une base quotidienne. Il n’empêche que la différence est évidente.

Ceux qui lisent la presse quotidienne sont coincés entre des journaux qui relatent de manière implacable les licenciements successifs, et le gouvernement qui joue au chat et à la souris, repoussant autant que possible l’utilisation de mots comme « crise » ou « récession », afin d’éviter la panique et donc un cercle vicieux.

Il faudrait un comportement à la fois réaliste et optimiste. Acceptant la réalité mais avec des idées sur comment l’améliorer. Mais ça, c’est pas gagné…


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