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Parler différemment de la crise

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Je suis un privilégié. Je le sais et je préfère commencer par cela pour ne pas qu’on est l’impression que je me victimise.

Il n’empêche que la crise m’a rattrappé, rendant ma recherche de premier emploi laborieuse. Heureusement, elle s’est finie par un happy end. Mais du coup, je peux parler un peu de la crise. Plutôt que de refaire les lois de la finance, j’aimerais aborder la manière dont la crise est évoquée.

Ce sujet m’est venu à l’esprit suite à un constat : alors qu’en bon élève, je lisais les Echos quotidiennement pour mes entretiens, j’ai réalisé que j’ai spontanément arrêté en décembre. Plus envie de l’acheter. Plus du tout. Et pour cause : j’en avais vraiment assez de voir Les Echos titrer tous les jours sur la crise : le secteur automobile en pleine débâche, les marchés financiers à la baisse, la hausse du chômage etc.

Ce qui est amusant, c’est que j’en ai parlé à une spécialiste du monde la presse. Non seulement elle s’est apperçue qu’elle aussi avait calmé sa consommation, mais elle savait aussi que les ventes au numéro ont lourdement chuté en novembre. La baisse est telle que le « simple » effet de crise ne suffit pas à tout expliquer. L’hypothèse qui revenait était que les gens s’étaient lassés du traitement de la crise. Ils ne voulaient plus rien lire à ce sujet.

Mais, pour en revenir à mon petit cas très personnel, j’ai une lecture qui a perduré, sans faiblir : celle de The Economist. Désolé de radoter, mais c’est vrai. Et la raison me vient spontanément : si ce magazine titre également à chaque numéro (ou presque) sur la crise, son traitement est tout à fait différent. Ainsi, les articles ont très souvent en commun le fait de décrire le sujet, de donner les causes et surtout de terminer avec des axes concrets d’amélioration. Pas de « capitalisme est mort, vive le capitalisme ». Pas de « la finance est morte, et nous avec ». Mais « l’économie est à terre, voici ce qu’il faut faire pour repartir vers le haut« . Cela semble évident, mais très peu de médias le reproduisent. J’imagine que c’est encore plus compliqué à réaliser sur une base quotidienne. Il n’empêche que la différence est évidente.

Ceux qui lisent la presse quotidienne sont coincés entre des journaux qui relatent de manière implacable les licenciements successifs, et le gouvernement qui joue au chat et à la souris, repoussant autant que possible l’utilisation de mots comme « crise » ou « récession », afin d’éviter la panique et donc un cercle vicieux.

Il faudrait un comportement à la fois réaliste et optimiste. Acceptant la réalité mais avec des idées sur comment l’améliorer. Mais ça, c’est pas gagné…

Les tristes leviers de la croissance

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C’est plus fort que moi, il faut que j’en parle :

En l’espace de 24h, nous avons eu droit à deux beaux articles :

Être caissière à temps partiel : rien de foncièrement nouveau, mais il est toujours utile de se rafraîchir la mémoire. 3 mn de pause par heure, des horaires tout le temps différents, et l’absence de contact : « Je reste assise six heures, parfois huit heures, mais je ne parle à personne. Les pauses, on ne me les donne pas au même moment que les autres caissières et avec les clients, je répète toute la journée la même chose : « Bonjour, ça fait tant, vous avez la carte fidélité ?, vous pouvez faire votre code, merci, au revoir. »

Vente de viande avariée à Carrefour et Monoprix : s’il semble que les magasins étaient innocents sur ce coup, on apprend sur Arrêts sur Image que « la remballe » de viande avariée est une pratique courante (Mode d’emploi en vidéo ici). Extrait de la vidéo : « vous allez gagnez 25F et ça vous a coûté 30 centimes d’épices » (concernant des merguez de viande avariée).

Après ce type d’événements – et j’aurais pu citer les procès pour abus de CDD ici et ici – pas étonnant que je galère sur Rue89 en essayant de défendre les bienfaits de la croissance dans les commentaires.

Les méthodes des hypermarchés dans leur course pour la rentabilité laissent vraiment dubitatif. Je ne vais pas réclamer la « décroissance », thème de plus en plus à la mode, mais parfois, je désespère même quant à une approche raisonnable… 

Va-(Sarko)zy: ou les fausses excuses du Président

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Je pense que tout le monde est désormais au courant du « casse toi, pauvre con » de notre cher Président.

Le timing est assez amusant puisque j’ai rencontré ce week-end un professeur de physique-chimie qui travaille dans un collège en Z.E.P. (Zone d’Education Prioritaire). J’ai trouvé très intéressant de découvrir un peu plus la réalité (pas très rose) dans ce type d’endroit. Une des choses qui revenaient régulièrement est la difficulté à se faire respecter. Le professeur en question m’expliquait ainsi comment il luttait pour interdire à ses élèves de lui dire « vas-y » (vazy?) ou d’une manière générale à être respectueux envers lui mais aussi entre eux (ça « nique sa mère » et « explose les autres » à tout va, même entre amis).

En fin de compte, ce n’est que la confirmation de ce que j’avais déjà pu constater. Mais en entendant Sarkozy, je me dis que le combat quotidien de ce professeur doit être encore plus compliqué. Je doute que ses élèves aient raté l’occasion de faire une référence à un « casse toi pauvre con ».

La réaction de la droite aide encore moins puisque les membres du gouvernement de sont appliqués à la défendre. Extraits :
– Fillon : « le président de la République, c’est un homme. Ce qui compte, c’est aussi la façon dont on réagit, c’est la transparence. Il n’y a pas d’hypocrisie »
– Xavier Bertrand : « le président de la République ne se laisse pas insulter »
Roger Karoutchi : face à «la déferlante» d’insultes qui s’abat sur lui, Sarkozy fait preuve «d’une sérénité vraiment exceptionnelle» (Karoutchi ajoute qu’il aurait même « mis une baffe » à la place du Président…)
(Merci Libé pour son article ici)

L’histoire nous rappelle aussi qu’une personne a écopé d’un mois de prison ferme pour avoir lancé « Sarkozy, va niquer ta mère » à celui qui était alors Ministre de l’Intérieur.

J’allais dire qu’au moins, Sarkozy a admis son erreur puisqu’il affirme dans une interview qu’il « aurait mieux fait de ne pas répondre ». Sauf que j’ai appris depuis qu’il n’a jamais prononcé cette phrase qui a été ajoutée par l’Elysée lors de la correction de l’interview.

Je vous laisse avec une parole du Général de Gaulle que j’ai lue sur LeMonde.fr : à une personne qui lui cria « Mort aux cons« , l’ex-Président répondit : « vaste programme« . Tout est dans le style…

Société Libérale

societe-generale-sarkozy-opa.jpgAujourd’hui, mon tour quotiden des médias a donné ceci :

Citation de Nicolas Sarkozy lors d’un sommet avec des dirigeants européens, concernant la situation économique actuelle (et notamment la crise de subprime) : « nous voulons la transparence parce que nous ne voulons pas du protectionnisme. Nous voulons la liberté du marché, nous voulons la concurrence loyale, et pas l’absence de transparence » (Journal du net)

Sur les déclarations de François Fillon à propos de la crise de la Société Générale : « Mardi, le premier ministre français François Fillon a affirmé que le gouvernement « ne laissera pas la Société générale être l’objet de raids hostiles de la part d’autres établissements bancaires », faisant ressurgir l’hypothèse d’un rapprochement avec BNP-Paribas pour faire échec à une OPA hostile d’une banque étrangère et créer un champion bancaire français. » (Le Monde)

Toujours François Fillon : « Le gouvernement entend que la Société Générale reste une grande banque française acteur de la mondialisation« , a ainsi déclaré mardi le Premier ministre, François Fillon. (Le Parisien)

Citation de Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, sur le même sujet : « si jamais il doit y avoir un adossement financier supplémentaire de la Société Générale, il faut autant que possible que ça puisse se faire dans le cadre de l’intérêt de l’industrie bancaire français ( Les Echos)

Evidemment, la Commission Européenne a déjà rappelé à l’ordre le gouvernement suite à ces déclarations

Conclusions :

– Encore un superbe exemple du liberalisme à la française (oui au libéralisme tant qu’on en profite à tous les coups

– Encore un superbe exemple de la communication du gouvernement : de belles phrases et surtout de superbes contradictions pour un résultat prévisible. Cela passe en France, et cela détériore notre image à l’étranger.

Entendu à Berlin : la pensée unique et universelle

Spiegel-Nicolas-sarkozy-Carla-Bruni-copie-2.jpg« Encore? Y’a-t-il quelque part sur terre un autre sujet?!?! »

Rien de mieux que de prendre du recul sur son pays en observant ce qui filtre dans la presse étrangère. Je ne lis pas particulièrement les journaux, mais j’en ai régulièrement qui me passent sous le nez, ce qui me permet de voir les titres. Je n’ai qu’une seule chose à dire : bravo Nicolas Sarkozy.
La stratégie de communication de notre cher Président atteint des sommets. Il est partout. Et quand je dis partout, je le pense vraiment. Avec sa « rupture », ses réformes à tour de bras et surtout, sa vie privée étalée aux quatre coins du monde, il occupe tous les magazines et journaux, y compris en Allemagne.
Ainsi la semaine dernière, Der Spiegel, un hebdomadaire, a consacré sa Une à Sarkozy. On y voyait notre Président et Carla, avec comme titre : « l’érotisme du pouvoir ». Le sous-titre est impressionant :  » le mélange du sexe, de la politique et du soap » (comme dans « soap opera », qui signifie sitcom en anglais). 
J’ai lu en diagonale l’article : ils expliquent un peu le mode de fonctionnement de Sarkozy. L’article est loin d’être tendre notamment lorsqu’il s’exprime sur les relations étroites avec plusieurs PDG du CAC40.Ainsi Bolloré est surnommé le « lufttaxi » (« luft » signifie « air » en allemand), ce qui se traduit par « le taxi des airs ». En invitant le lecteur à imaginer Angela Merkel partir en vacances avec ou grâce aux PDG de SAP ou Tchibo, Der Spiegel montre bien que ceci est inimaginable Outre Rhin.
Le deuxième magazine allemand qui se trouve dans ma collocation en ce moment est Vanity Fair. Certes, une publication type « Elle » n’a rien à voir, sauf que c’est bien sûr Carla qui en fait la Une… J’ai vu également vu une dernière page de journal dans le métro pour apercevoir à nouveau le couple présidentiel.
La citation qui débute ce billet est à créditer à une amie allemande, qui est tombée sur Der Spiegel. Sarkozy est partout, même en Allemagne. On ne peut que le féliciter pour son omniprésence dans des publications de toute sorte, sérieuses ou non. Vivement qu’il achète un chien, pour passer dans 30 millions d’amis ou que Carla tombe enceinte pour faire la Une de « Parents »…
Plus sérieusement, il faut réaliser que l’image de Nicolas Sarkozy à l’étranger n’est pas des meilleures. En Allemagne tout particulièrement, il existe quelques tensions avec le gouvernement et les journaux ne le portent pas dans leur cœur.
A mon humble avis, être Président, c’est avant tout bien représenter son pays et véhiculer ses valeurs à l’étranger. Et bien là c’est raté…

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Pensée naïve du soir

olmert-abbas-annapolis.jpgJuste comme ça, parce que cela me passe par la tête.
Le week-end dernier, trois 1ers ministres européens donc Bernard Kouchner (de la guerre?) faisaient des pieds et des mains au Liban pour ramener de l’ordre dans un pays profondément divisé.
Au même moment, les Etats-Unis font tout pour trouver un accord au sommet d’Annapolis (USA) synonyme de paix entre la Palestine et Israël.
On ne peut évidemment que saluer tous ces efforts.

Mais naïvement, je me dis que si les Etats-Unis ou même la France faisaient des concessions du même ordre que celles qu’ils demandent à bien des pays, tout serait différent. Je pense par exemple aux subventions agricoles du « Nord » (qui a dit « Pac »?). 
A un niveau moindre, ce serait un comble que le conflit israelo-palestinien soit (en partie) résolu avant le conflit des régimes spéciaux en France. Je n’aurais rien contre ceci dit. J’en profite pour souligner que le mot « conflit » fonctionne dans les deux cas (étonnant mais bon), et qu’en mettant ces 2 conflits côte à côte, le terme « otages » utilisé lors des grèves fait vraiment mauvaise figure …

Les sacrifices sont décidément bien plus faciles à réaliser quand ils concernent les autres…

C’était la pensée spontanée et naïve du soir (espoir!).

Y’a Paques les jours fériés dans la vie!

J’ai vécu la période de Paques dans deux pays, à savoir l’Italie et l’Angleterre.

Je dois avouer qu’il est très intéressant de comparer un peu les traditions.

En Italie, Paques est synonyme de longues vacances puisque le pays est très croyant. Les gens en profitent pour se retrouver en familles.

Je vais me mettre les croyants à dos, mais en France, Paques est de manière générale plutôt synonyme de jour férié et de chocolat. Je repense avec grande nostalgie à ces moments d’allegresse ou je partais en quête d’oeufs préalablement cachés. Aujourd’hui, je pars plus sérieusement en quête de stages. Ce n’est pas le même sport, mais on ne va pas se plaindre.

Et Londres dans tout ça? Fidèle à elle-même. Il ne se passait rien de particulier. Mais vraiment rien! Certes, le lundi était férié, mais je n’ai pas vu la différence: à quelques exceptions près, tous les magasins étaient ouverts. Comme d’ordinaire, c’est à dire du lundi au dimanche.

Il s’agit là d’un détail qui m’a beaucoup marqué dans les pays saxons: le fait que les magasins soient ouverts tous les jours jusqu’à parfois très tard. HMV, l’équivalent de la FNAC, a un magasin dans le centre qui ne ferme pas avant 23H!

Et oui, les anglais travaillent. Plus que nous! Selon l’OCDE, ils ont travaillé en moyenne 1669 heures en 2004, contre 1441 heures chez les français. Rassurez-vous, je ne vais en arriver à tapper sur les 35h, mais cette différence est impressionante.

Quand on voit qu’après la France s’insurge lorsqu’on lui demande de travailler 7h de plus pendant le lundi de Pentecote par solidarité envers les papy boomers… Les anglais travaillent 250 h de plus par an, soit plus d’une heure par jour ouvré. Lors de mon stage, mon manager arrivait à 8h30 et travaillait jusqu’à 17h, avec une courte pause devant son ordinateur. Ca fait facile 8h par jour, et dérapait aisément vers 9h.

Au delà de la remise en cause des 35h, je trouve que cette différence tend à être largement oubliée et beaucoup de français oublient le privilège qu’ils ont. J’utilise le terme privilège, car selon moi, ce n’est pas un acquis. Il faut savoir remettre en cause ses privilèges, ne serait-ce temporairement, quand la situation va mal.

Exemple? Les syndicats allemands qui ont négocié dans de nombreuses entreprises un retour temporaire à 37h par semaine en échange de la garantie qu’il n’y aurait pas de licenciements ou de délocalisation. Aujourd’hui, les analystes sont clairs: l’Allemagne va mieux.

Je n’aurais pas la prétention d’affirmer connaître la solution aux (nombreux) problèmes français. Mais, lorsque je regarde ce qui se fait à l’étranger, il me semble juste que mes chers (si si!) compatriotes veulent à la fois le beurre et l’argent du beurre. Sans parler de la crémière…


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