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1001 manières d’apprendre l’allemand

K2000On ne le dira jamais assez : pour apprendre une langue, il faut se rendre dans un pays où elle est parlée. Je sais que certains n’ont pas cette chance, mais je pense avant tout à ceux qui peuvent se le permettre et qui ne le font pas (oui, toi!).
Une fois dans le pays en question, tout est plus facile. En effet, il suffit de faire n’importe quoi tant que vous parlez ou entendez allemand. Vous pouvez par exemple parler en allemand à votre mur, mais je suggère d’autres activités. Voici les miennes:

regarder la TV : peu importe le niveau intellectuel, la télévision, ça rime avec cochon. Tout est bon! K2000 (souvenirs, souvenirs) en allemand passe très bien. Bon c’est vrai, je conseille plutôt les infos (on notera qu’elles sont à 21h45 sur ZDF, mais j’y reviendrai un autre jour).

lire : des journaux, des livres, les instructions d’évacuation (ça rime aussi avec cochon) du métro

écouter : la radio par exemple, mais pas seulement. Vous avez droit au conseil du père Greg avec les Podcasts! En ce moment, je suis abonné à « langsam gesprochenen Nachrichten« . Cela signifie « l’actualité racontée lentement ». La radio allemande Deutsche Welle propose ainsi quotidiennement un « anti-flash » (si vous me passez l’expression) de 15 mn dans lequel un journaliste prend le temps (vraiment!) de faire un bulletin de news. C’est un peu exagéré, mais ça me convient.

écrire : cela sert à valider votre allemand dans le sens où c’est l’occasion d’utiliser les nouvelles expressions, tournures ou règles que vous avez apprises. L’orthographe y est mis en avant aussi. Je sais maintenant comment orthographier Nachrichten!

parler : il n’y a que ça de vrai en fait. Une heure avec mes collocs’ est sans doute le meilleur exercice qui soit. On essaie, on apprend, on corrige et tout ça dans la bonne humeur!

boire! Je parie que vous ne l’attendiez pas celui là! Et pourtant. Boire (avec modération) délie la langue. C’était une légende, mais j’ai pu le vérifier (avec modération). En fait, d’une manière plus générale, un laisser-aller s’installe au cours des soirées et cela libère vraiment pour parler. A ceci s’ajoute également le fait d’être « échauffé » comme en sport. 

Pour ce qui est des résultats, et bien je continue de progresser. Le chemin est encore long, mais il me reste encore 8 mois.

Ps : beaucoup de blagues « fil rouge » aux tendances alcoolisées. Je rassure évidemment ma mère tout le monde, je n’ai pas encore sombré dans l’alcool. Mais on ne peut nier le rôle important que joue la bière dans ce pays!

Entendu à Berlin : quand les étrangers parlent français

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« Ce qui me pose problème en français, c’est la succession de mots dans certaines phrases comme « est-ce qu’il y a ». Je connais chacun des mots mais j’ai du mal à saisir le sens global« . 

Le propre de chaque langue est d’être paradoxale, car ce ne sont pas forcément ceux qui savent la parler couramment qui connaissent le mieux son fonctionnement. En effet, la langue maternelle est par définition apprise assez spontanément, sans passer par les cases grammaire et syntaxe.

Ainsi, se sont souvent les étrangers qui peuvent expliquer une règle le plus rapidement. Leur perception de notre langue est aussi toujours intéressante. Ainsi, la citation ci-dessus est de ma colocataire, qui a fait 5 ans de français.
 
Elle souligne en effet cette tendance du français à nécessiter beaucoup de mots . La comparaison avec d’autres langues renforce cette impression. La traduction de mon CV en anglais prend 15% d’espace en moins. En outre, « est-ce qu’il y a » (ou « y a-t-il ») se traduit « Gibt es » et « Is there » respectivement en allemand et en anglais.

Venons-en à l’allemand justement. Cette langue a la mérite d’être très logique et assez expressive. Logique car, même si la grammaire peut-être dense, il y a peu d’exceptions. Expressive, car les allemands n’hésitent pas à créer des mots à partir d’autres. Ainsi, on m’a fait remarquer récemment que « Wörterbuch », le mot allemand pour « dictionnaire », contient Wörter (mots) et Buch (livre). Le Wörterbuch n’est donc rien d’autre que le « livre des mots ». Ceci explique au passage la longueur parfois impressionnante de certains mots, qui ne sont que la juxtaposition de plusieurs termes et qui, du coup, ne sont pas forcément difficiles à retenir.

Ex: Autobahngebühr (prononcer « aotobannegébure »)
– Auto = voiture
– Bahn = voie
– Gebuhr = taxe
– Autobahngebuhr = péage (Donc pour 3 mots connus, le 4ème offert!)
CQFD!

PS : la carte correspond à la connaissance de la langue française en Europe

J’apprends l’allemand. Oui, mais lequel ?

gebrauchs-anweisung-fur-deutschland.jpgPour ceux qui auraient raté l’épisode précédent sur mon niveau d’allemand, merci de m’envoyer une justification par mail. Vous pouvez toujours le rattraper ici (objectif « top-ergonomie du site »).
Je travaille mon allemand… en séchant les cours mis à notre disposition. A la place, je passe du temps avec mes colocataires et je lis. Parmi mes lectures, un petit livre que je recommande chaudement : « Gebrauchsanweisung für Deutschland«  (mode d’emploi pour l’Allemagne) de Maxim Gorski. L’auteur s’adresse aux étrangers et décrit avec humour les moeurs allemands.
J’utiliserai donc un de ses chapitres pour parler de la langue de Schumacher Goethe. En effet, encore plus qu’en français, il existe de nombreuses variations en allemand, au point que les blagues fusent. Certains allemands avouent ainsi avoir des difficultés à comprendre quelqu’un originaire de l’autre bout du pays.
Tout cela s’explique très bien : l’Allemagne n’a pas d’équivalent de Paris, dans le sens où il n’y existe pas une ville qui rassemble tous les intérêts (économiques, politiques, culturelles etc.) du pays. Ainsi, chaque région a développé sa version de l’allemand. A l’inverse, à Paris, un français « commun » est né et à servi de modèle pour le reste du pays.
Cette caractéristique allemande se traduit de plusieurs manières :
– Il n’existe pas d’équivalent allemand de l’académie française. A peine existe-t-il une instance linguistique qui se réunit une fois par an pour discuter notamment de réformes.
– Statistique amusante : selon Gorski, 4 des 6 derniers chanceliers allemands s’exprimaient à la nation dans « leur propre allemand ». Gorski fait remarquer à juste titre qu’un Président Français s’adressant en dialecte auvergnat perdrait toute crédibilité.
Evidemment, il existe une certaine homogénéisation notamment grâce à la TV et à la presse. Mais il restera toujours des différences fondamentales.

Le jour où en j’en suis à maîtriser ces différences et à opter pour tel ou tel allemand, je vous appelle…

Ich versuche … (j’ai bon?)

Cela veut dire « j’essaie » en allemand, selon mon dictionnaire, qui après tout vaut bien plus qu’une Bible. Est-ce qu’une bible vous aide à acheter un ticket de métro ou à chercher une collocation? Non! Bon! alors! « aide toi et le ciel t’aidera » peut-être (et encore, ça ne marche peut-être que pour les assureurs…) mais surtout « lis le dico et il t’aidera ». C’est quand même plus direct.

J’en reviens à cette question qui préoccupait tous mes interlocuteurs récemment, y compris moi-même (j’adore parler avec moi. Je suis tout le temps d’accord et c’est souvent passionnant tout ce qu’on apprend, même si j’ai tendance à me couper la parole) : est-ce que je parle bien allemand ? 

Remise dans le contexte : 7 ans d’allemand collège et lycée, 2 ans en prépa, puis 1 an et demi d’Ersatz de cours (vous apprécierez au passage un des quelques mots allemands qui ont réussi à soudoyer le petit Robert). Mais, en fait, jamais allé en Allemagne, des profs (souvent) défaillants, et, il faut l’avouer une motivation pas toujours au top. Immanquablement, mon niveau en arrivant était « bien mais pas top ». Voire médiocre.

Alors « ich versuche ». Finalement, appeler en allemand, c’est comme s’élancer du haut d’un grand trapèze ou appeler quelqu’un pour un stage, la première fois ça fait peur mais en fait ce n’est rien. « Ich versuche » donc, et ça marche (on dirait une pub…). Je suis frappé du syndrome du « gars-mauvais-en-allemand-mais-qui-connaît-le-fonctionnement-de-la-langue ». L’expérience anglaise aidant, je parle autant que possible, et mon niveau s’améliore de jour en jour. Les réflexes reviennent ou se créent rapidement. J’assimile vite, et maintenant je n’ai plus (trop) peur.

J’avoue faire encore des visites d’appartements en anglais, mais je n’hésite pas à changer en allemand quand je me sens à l’aise sur le sujet.

Et pour devancer la prochaine question : non je ne me soucie pas des attentats (cf. actualité). J’ai fait Londres après Juillet 2005 et Paris avec un risque important. Stresser ne changera rien. Il me reste mon dico, mais je dois bien avouer qu’il ne me sert pas à grand chose ici. Pas plus que la Bible?

PS : Un grand bonjour à cette Allemande si gentille qui parlait doucement et allait jusqu’à me corriger pour m’aider (et qui ne lira jamais ce blog sic…).

Je vous laisse avec une autre qui devrait travailler son allemand (on appréciera au passage la délectation de mon journaliste de JT préféré)…

La journée type du chercheur de collocations

J’en ai déjà parlé ici, la première étape à Berlin consiste à trouver un appartement. Voici donc la journée type :
9h : lever
9h10 : petit déjeuner dégueu offert avec la nuit
9h30 : recherche d’appartements en ligne
12h : départ pour les premières visites
12h30 : Mc Do/Kebab/Pizza
13h – 19h : visites / recherche en ligne
20h : Mc Do/Kebab/Pizza
21h : recherche en ligne
00h : blog / presse
1h : dodo

(on peut insérer par-ci par-là une heure ou deux avec des amis)Sincèrement, ça ressemble aux recherches de stages : on cherche à convaincre, on est en concurrence avec d’autres donc on envoit un sms lorsque l’on a vraiment aimé, on attend la réponse, on y pense tout le temps. Cela demande plus d’énergie que je n’aurais pensé.
Oui mais voilà : J’AI TROUVE UNE COLLOCATION ! Ha ha. Je ne vous cache pas mon bonheur.
Me voilà donc à Tiergarten (littéralement « le jardin des animaux »), à mi-chemin entre mon école à l’ouest et le centre (Carte ici).

Je loge dans un immense appartement de 160m² abritant 4 personnes. Pour la comparaison, ma chambre fait la même taille que mon appartement parisien pour un loyer divisé par deux. La chambre est meublée, guitare comprise!Mes collocataires sont allemands et très sympas. Ca tombe bien, c’est exactement ce que je cherchais! Me voilà donc installé, j’ai une semaine de vacances (à l’exception de quelques détails administratifs) avant le début des cours. Il m’aura donc fallu 5 jours, 4 Mc Do, 2 kebabs, et 2 pizzas pour trouver (sic). Il était temps que ça finisse.

Une demie-journée après mon emménagement, je me sens à l’aise avec mes collocataires (dîner sympathique), mais moins avec mon allemand (ich versuche…) même si je sens que cette exposition directe avec la langue de Steffi Graf Goethe va me faire progresser à la vitesse grand V.


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