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Donner c’est donner. Transmettre c’est voler ?

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 » Au secours ils s’attaquent à notre vie privée« . Les craintes envers Google (disclaimer : que j’adore) et Facebook (disclaimer : que j’adore pas forcément) sont nombreuses et touchent notamment ce que ces deux sites font de nos données personnelles. Vous en avez un exemple avec Nathalie dans une conversation ici.

Alors voici quelques commentaires concernant les données personnelles :

Il n’y a rien de nouveau : certaines sociétés se spécialisent dans la location de fichiers de données clients. France Telecom loue par exemple sa base. Vous obtenez des fichiers avec votre numéro de téléphone, votre adresse et bien sûr vos noms et prénoms. Pareil pour la Poste.

Cela existe déjà sur Internet : la plupart des sites qui ont un peu de trafic le font. Ils ne louent pas toutes les coordonnées, seulement celles des personnes dites « opt-in », c’est-à-dire qui ont coché à un moment une case du type « recevez toutes nos promotions ainsi que celles de nos partenaires ». Si vous la cochez une fois, vous voilà fichés. Pour information, des informations sur 1000 personnes ciblées coûtent environ 200€ à louer. Certains sites comme Kingolotto (jeux concours en ligne) n’ont d’autres buts que celui de recueillir des données opt-in.

Il existe des spécialistes : certains vont encore plus loin et agrègent les données. Ils agrègent des données à partir de plusieurs bases à la fois (ex : France Télécom, 3 Suisses, fnac.fr mais également des questionnaires envoyés à des foyers etc.). A l’arrivée, ces spécialistes de la donnée obtiennent d’énormes bases avec plusieurs millions de foyers. Ils peuvent avoir pour la même personne ses contacts, son profil, ses loisirs, ses intentions d’achat etc.

Une fois de plus, il s’agit de donnés que des personnes ont accepté de transmettre en cochant un jour une case, mais on ne réalise pas après à quel point elles peuvent être diffusées

Et Google et Facebook ?

Je ne crois pas que Google commercialise ses données d’utilisateurs. Il propose des publicités ciblées, en fonction du contenu de vos emails sur Gmail par exemple, mais ceci se fait directement et automatiquement : un algorithme définit les mots-clés du mail et leur associe une publicité. Google n’est pas au courant du contenu de vos mails. Personnellement, tant qu’il s’agit uniquement d’un algorithme, je m’en fous.

– le rêve de Facebook est effectivement de faire de la publicité en fonction de vos données personnelles. Elle a lancé un système pour cela. Le public a hurlé, et ils se sont rétractés. Ils y reviendront d’une manière ou d’une autre, mais pas sans le consentement du public. La preuve, le site est en guerre avec les utilisateurs concernant les termes légaux.

Il reste ainsi les arguments suivants :

– « oui mais personne ne sait s’ils ne vont pas revendre sous la table nos données ». Certes, mais pas plus que d’autres sites. Et même moins je dirais. Les données personnelles bénéficient d’une législation de plus en plus développée, et Google et Facebook sont forcément les sites les plus suivis, ne serait-ce par le public méfiant. Un site coté en bourse comme Google ne peut pas se permettre de prendre un tel risque.

– « oui mais on ne sait jamais, si un jour quelqu’un avec de mauvais attention comme des fascistes bénéficient de telles données ». Alors là, je mentionne la loi de Godwin, selon laquelle plus on parle d’Internet, plus la probabilité que le fascisme soit mentionné est proche de 1 (soit 100%). On est un peu dans la parano non ? La probabilité de se faire écraser par une voiture est sûrement plus élevée que celle d’un retour fasciste dans nos pays. Mais ceux qui insistent peuvent effectivement déjà se réfugier dans le maquis. Il n’y a pas Internet là-bas.

Est-ce que tout est bon alors ? Non. Google et Facebook ne sont pas des anges. Google a préféré cautionner la censure chinoise, arguant qu’il fallait être sur place pour favoriser un changement. Je suis le premier à être dubitatif. Sûrement que Google et Facebook, en tant que sites très fréquentés, ont une grande responsabilité. Mais je ne dirais pas que le risque pour chaque individu est radicalement plus fort qu’auparavant.

N’y a-t-il rien à faire alors ? Si, et même des choses bien plus constructives que montrer du doigt n’importe quel acteur. Il y a beaucoup d’éducation à faire : expliquer aux gens ce qui peut se passer lorsque l’on met des informations en ligne. Lesquelles peuvent être mises en ligne, et comment (sur Facebook, vous pouvez par exemple choisir avec qui vous partagez chaque information). Leur expliquer aussi leurs droits, leurs devoirs. Et lutter contre des préjugés qui sont faux (au moins partiellement), en décrivant ce qui se passe vraiment.

Et si après ceci j’entends un « oui mais on ne sait jamais », alors j’arrête d’en parler, car ce n’est pas un argument. Mais je reste bien sûr prêt à répondre à toute objection argumentée :).

Facebook : retour d’expérience

Facebook

J’ai déjà parlé de Facebook au début de son ascension et une autre fois pour rire. Pour ceux qui ne connaissent pas encore tous mes billets par coeur, je faisais part de mon scepticisme à l’encontre de ce site, critiquant à la fois son utilité et la notion d’ami.

Forcé de constater que je suis régulièrement sur Facebook, j’ai eu envie d’analyser cela via mon blog.

Alors pourquoi Facebook ? Pas pour me faire plein d’amis. Pas pour interagir à tout va. Mais il faut bien avouer que ce site est particulièrement bien fait. En un clic je partage une page web avec tous mes amis. En une phrase je partage mon état d’âme du moment. En un coup d’oeil, je fête les anniversaires. En deux coups de cuillère à pot j’envoie un petit mail à certaines personnes, sans avoir à chercher leurs adresses mail. En un clic, je deviens fan d’un produit ou d’une personne, permettant de me décrire indirectement. Redoutable d’efficacité. Et j’avoue aussi apprécier particulièrement l’humour qui peut traîner sur ce site. Et si je ne vous parlais pas de mon côté voyeur comblé (en langue de bois, on dit « j’aime bien savoir ce que deviennent les gens que je connais »), je mentirais. Le tout me prend 10mn par jour.

Si on ajoute à cela les jeux (pas mal faits du tout) ou les photos que beaucoup mettent en ligne, cela fait forcément un lieu de rendez-vous intéressant.

On notera au passage que cela explique le fait que je refuse des « amis » Facebook, ne voulant pas forcément étaler ma vie et mes états d’âme devant n’importe qui (je ne suis pas un garçon facile). 

La victime de ma consommation Facebook est inattendue : il s’agit MSN (enfin, Windows Live Messenger pour les puristes). J’aimerais beaucoup voir les courbes de fréquentation de Facebook et MSN sur le même graphique.

Je mange donc mon chapeau. Facebook a trouvé une vraie place sur le web, en donnant aux personnes lambda un accès à des fonctionnalités qui étaient autrefois compliquées : uploader des photos, créer un événement etc. Par contre je me réjouis de voir que l’effet de mode est un peu passé. Le site est clairement populaire (il s’agit de la seconde plateforme sociale la plus visitée aux US après le réseau de blogs Blogger) mais les gens se sont un peu calmés à ce sujet. Et Facebook n’est plus l’eldorado économique tel qu’annoncé, mais une start-up qui vise encore la rentabilité (je la lui souhaite).

Il s’agit donc d’un site fort bien fait, mais je ne le trouve pas indispensable, au point de le conseiller à tout le monde. Je continuerai de prêcher Google !

PS : en bonus, je vous offre quelques chiffres concernant Facebook et ses 170 millions d’utilisateurs.

Anec.com (jeu de mots en anglais)

Je travaille toujours. Beaucoup. Et le reste du temps, j’essaie de profiter de l’Allemagne en passant du temps avec mes collocs ou toute autre personne cool et parlant allemand (j’accepte les francophones de temps en temps). Ca réussit pas mal, mais du coup mon blog en pâtit.

Deux anecdotes qui m’ont bien faire rire récemment cependant :

Samedi, en rentrant d’une soirée, à 2h30 (c’était une bonne soirée !), j’ai vu un cycliste qui voulait traverser un passage pour piétons. Rien d’original jusque là, sauf le contexte : il voulait traverser une voie à sens unique, et pouvait voir à 100m qu’aucune voiture n’arrivait. Le feu pour piéton était rouge, et le cycliste était allemand. Il a donc attendu patiemment. Evidemment des centaines de cyclistes auraient traversé sans attendre, même en Allemagne. Mais cela me rappelle cette culture allemande : suivre les règles. Et j’aime bien ça.

Deuxième anecdote, cette phrase à laquelle à eu droit ma douce : Imaginez deux personnes s’étant souvent ignorées et qui rentrent en contact pour que la première aide la seconde à trouver un job. Au moment de se quitter, cela donne : « bon bah, on se croise sur Facebook alors« . Un grand moment je trouve. Je propose de lancer le concours de la phrase numérique qui tue. Ma contribution : « bon bah on se wizze sur MSN alors ». Facebook m’apparaît de plus en plus comme l’instrument du semblant (ce n’est pas un certain breton qui me fera changer d’avis). Cela n’empêche pas d’y avoir de vrais amis, mais cela peut mener à des situations assez aberrantes. Je vois déjà se dessiner les étapes pour la drague : on se rencontre, je t’ajoutes à Facebook. Si on trippe bien sur mon « wall », je t’ajoute à mon MSN, et on chatera en direct. Et si ça va dans le bon sens, on pourra s’envoyer des textos, et peut-être même s’appeler pour se parler pour de vrai. Mais bon il ne fait pas tirer des plans sur la comète…

J’ai sommeil. Mon crâne est vide. Mission accomplie.

Facebook, ou comment les utilisateurs se livrent

FacebookCela faisait longtemps que je n’avais pas fait de titre avec un jeu de mots dont je suis fier 🙂

Faut-il encore présenter Facebook? Une définition subjective serait « MySpace en lisible et avec plein d’applications qui ne servent à rien ». Une définition plus rigoureuse se trouve ici.  « Pourquoi veut-il (encore) en parler » diront les mauvaises langues? Parce que Facebook, c’est un peu les galeries Lafayette (« le bonheur des dames ») pour les sociologues.
Si demain je devais faire un truc un peu fou, j’irais en Corée, je plaquerais mes études pour me lancer dans la sociologie avec comme sujet Facebook.

Je sais que je ne vais pas me faire d’amis, mais mon hypothèse cynique serait : plus on a d’ « amis »  Facebook, moins on a de vrais amis. L’idée repose sur un calcul simple : on consacre son temps soit à 100 personnes, soit à 10. Dans le second cas, les relations sont plus approfondies. Je sais que j’exagère, mais je ne peux m’empêcher de penser à ça quand je vois certains profils…

Je m’éloigne du cynisme pour en venir à un bienfait : la créativité. Dans un océan de rien (si si, j’insiste) subsistent quelques îlots d’ humour et d’originalité. Si les applications illustrent cette idée (cf. la carte du monde sur laquelle on peut montrer ses voyages), les groupes constituent l’exemple parfait. Ainsi, en quelques minutes, je suis tombé sur : Pour l’installation de PORSCHElib’ à Paris, I play squash for the fame, fortune, and of course the groupies , Pour l’interdiction d’applaudir à l’atterrissage.

Et ce n’est pas tout car Facebook est la révolution de la communication. J’ai ainsi entendu une histoire selon laquelle quelqu’un aurait rompu avec son ex- en ligne. En un clic, en changeant son statut de «  in a relationship » à « single » , la personne a pu faire passer instantanément son message au monde entier. Quand je pense qu’avant il fallait faire ça de vive voix, ou par courrier (la honte). Il y a bien sûr eu le pager (ex : Tam-Tam), l’e-mail ou le SMS et la force de ses quelques lettres (ex : JTE KIF +), mais cela nécessitait toujours de faire passer le message auprès de ses amis. Merci Facebook…

Je m’éloigne à nouveau du cynisme et finirai avec quelques points :
– Facebook est un site bien fait dans le sens où l’on peut y passer beaucoup de temps à rien faire
– Selon moi, le site jouit d’un effet de mode fondé sur du vague, ce qui devrait mener à un désintérêt croissant excepté pour les lycéens et les collégiens
– Il existe malgré tout une VRAIE utilité : Facebook permet en effet de retrouver facilement ses amis perdus de vue, sans passer sur le plateau TV de Jacques Pradel. Ouf…


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