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Les chaussures de foot roses : ou comment mesurer directement les effets du marketing ?

Chaussures Franck Ribery

Normalement, la mode, je m’en fous. Mais dans ce billet, je m’en foot. Je m’explique :

J’ai envie de me pencher sur une coïncidence incroyable : la sortie de chaussures de foot roses chez Nike et Puma. Au même moment. Si si.

Ayant longtemps arpenté les terrains de foot, j’ai eu un réflexe quand j’ai entendu parlé de ces chaussures : je me suis imaginé il y a 7 ans avec les mêmes aux pieds. Les moqueries des joueurs, partenaires ou adversaires, auraient alors été inévitables. Et pour cause, le foot est un sport de machos (vous connaissez des joueurs de foot ouvertement homosexuels ? Ca mériterait une belle enquête). Enfin, machos seulement  jusqu’aux buts. Car les célébrations de ces derniers dépassent les poignées de main viriles, ainsi que l’entendement, mais bref, passons.

Impossible de traîner sur un terrain de foot avec des chaussures roses disais-je donc, alors qu’aujourd’hui vous serez hautement tendance. La différence ? Le marketing est passé par là.

En plus du timing, les produits de Nike et Puma ont en commun d’être soutenus par des icônes du foot : Franck « Speedy » Ribéry et Nicolas « Colombe » Anelka. Il s’agit là d’icônes dans le sens où ils incarnent à la fois le côté « match show » et le côté « macho » (j’ai pas pu m’en empêcher). L’autre similarité est évidemment le renfort de publicités qui ont vite buzzé sur le web (voir ci-dessous).

Image. Notoriété. Publicité. Du marketing pur et dur. Pendant qu’Adidas s’essouffle à dire que ses nouvelles « Prédator » vont améliorer vos performances sur le terrain (ridicule), Nike et Puma misent tout sur l’image avec une couleur tout à fait nouvelle (à en croire la pub, Nike a inventé la première paire de chaussures de foot avec laquelle vous pouvez aller en boîte).

Ainsi, alors que les services marketing ont parfois du mal à évaluer les effets des campagnes sur les ventes, ici c’est tout vu. Celle couleur aurait été trop dure à porter sur les terrains, et, évidemment, cela n’apportait rien sur le plan footballistique (« tequenique » et « taquetique ») = 100% d’influence du marketing sur cette vente.

En continuant à réfléchir en écrivant, je me dis dans un premier temps que c’est le cas typique du marketing qui créé un besoin : le besoin de chaussures roses. Mais dans un second temps, c’est en fait le marketing qui répond à un besoin déjà existant : celui de ressembler à ses idoles, en l’occurence Anelka et Ribery. Chaussures roses = super joueur de foot. Et tant pis si la couleur aurait fait hurler n’importe qui il y a 2 ans.

En conclusion, alors que ces produits m’avaient poussé à écrire un billet pour évoquer du marketing poussé à son paroxysme, on retrouve finalement – peut-être un peu plus qu’avant – les mêmes mécanismes que dans toutes les modes. Car finalement, les jeans slims et les horribles bottes qui avaient cartonné il y a 3 ans (et dont j’ai oublié le nom) ont avant tout été lancés par des célébrités. Les mettre quelques années avant ou après la mode ferait hurler de rire n’importe.

Je vous quitte donc avec cette citation dont j’ai oublié l’auteur (je crois que c’est Desproges. Qui confirme ?) : la mode, c’est tellement moche, qu’elle change tous les ans.

La pub Nike avec Ribery (pour les amateurs de la Panthère Rose)

La pub Puma avec Anelka (pour les amateurs de FHM et des Skyblogs…)

ILS sont de retour

Reference to football

Ils sont là. Je les entends. Je le savais, mais la peur demeure. A peine sorti du travail, j’ai couru chez moi pour m’enfermer. Puis je me suis reclus dans un coin de ma chambre, en attendant que ça passe.

Ils sont revenus. Cela fait plusieurs fois qu’ils rôdent. Dimanche dernier ils ont envoyé leur minorité. Ils sont faciles à reconnaître. Ils se nourrissent de saucisses, font beaucoup de bruit et ont tous un drapeau noir-rouge-jaune sur leurs voitures.

Qui ça ? Les « allemands-fous-de-foot« . Soit tout un peuple. J’aime autant vous dire qu’ici en Allemagne, on vit le Championnat d’Europe. Ça se passionne. Ça klaxonne. Ça s’époumone. De ma chambre, je suis parfaitement l’évolution du score des matchs allemands.

L’engouement allemand est bien supérieur à celui de la France, et pas seulement parce que nous avons cette année une équipe de bras cassés. Les exemples sont nombreux : prenons Cologne par exemple, dont le retour en première division de l’équipe de la ville a donné lieu à une grande émulation. Vous pouvez même acheter votre T-Shirt « Cologne 2007-2008, montée en première division ». La photo de cet article illustre également la passion allemande. Sur une pub de Lucky Strike, une marque de cigarettes, un paquet (de 16) dit à une cigarette qui se trouve à côté : « désolé les anglais, 17, c’est un de trop ». Il s’agit là d’une référence au fait que les anglais ne fassent pas partie des 16 équipes qui se sont qualifiées pour l’Euro. Enfin, les émissions sur l’Euro durent des heures et des heures et décortiquent tout événement pouvant influencer les performances de l’équipe nationale.

L’Allemagne vit donc cet Euro à fond, avec les drapeaux qui fleurissent, les bars qui se remplissent, et les heures de bureau qui raccourcissent (mince, je suis d’humeur poétique aujourd’hui).

La victoire contre le Portugal a suscité beaucoup d’enthousiasme, avec des Allemands chantant jusque tard dans la nuit. Quelques jours plus tôt, la qualification des Turcs pour les quarts de final avait également été largement fêtée, puisqu’il s’agit de la première minorité en Allemagne.

Et voici la demie-finale Allemagne-Turquie qui se profile


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